S'abonner au flux RSS dans une nouvelle fenêtre
Critiques rédigées par Noëlle

 

Les Bourgeois (Alice Ferney)

note: 4Une fresque familiale Noëlle - 3 avril 2018

Le roman commence en 2016, par le décès de Jérôme, l’un des dix enfants nés de Henri et de Mathilde Bourgeois entre 1920 et 1940. Petit à petit, sous la forme d’un journal non chronologique, Alice Ferney va reconstituer l’histoire de cette famille bourgeoise de la fin du XIXe à nos jours, sans céder au romanesque de la saga familiale. Telle une entomologiste, sans jamais porter de jugement, elle scrute, au fil des événements, une classe sociale qui suit son destin dans le respect des valeurs et principes hérités : les hommes feront leur devoir militaire, les femmes se marieront et feront des enfants ; aux défunts succèderont les nouveaux-nés perpétuant la famille.
L’ensemble, dans une belle écriture classique, dense, constitue une passionnante étude de mœurs, doublée d’une invitation à la réflexion quant à la construction de l’histoire : « Appartenir à une époque, c’est être incapable d’en comprendre le sens »

Le tout va bien (Adrien Gingold)

note: 4Désopilant! Noëlle - 20 février 2018

Si le rire est bon pour la santé, le Tout va bien devrait être remboursé par la Sécurité Sociale. Cette anthologie des titres de presse les plus improbables est le fruit de l'interminable collecte d’Adrien Gingold depuis 2014.
On connaît le penchant des journalistes pour les accroches efficaces. Cette sélection « exotique » rassemble les plus surprenantes. Toujours absurdes, parfois tragiques ou cruels, absolument véridiques, quasiment chaque titre déclenche un rire irrépressible, suivi immanquablement de la question : mais dans quel monde vit-on ? Et les curieux ne résisteront pas à l’envie de rechercher ce qui se cache derrière sur internet.
A lire en quelques minutes...

La vie devant soi (Renaud Garcia-Fons)

note: 5Balade à Paris Noëlle - 18 janvier 2018

Renaud Garcia-Fons nous avait habitués aux mélodies orientales et méditerranéennes. Il revient avec un disque aux couleurs de Paris, sa ville natale. Puisant son inspiration dans les traces de Romain Gary, Trenet, Doisneau, Queneau, Oxmo Puccino et bien d’autres, il nous entraîne dans une promenade à travers la ville cosmopolite d'hier et d'aujourd’hui. Variant rythmes et ambiances, du nostalgique au trépidant, du poétique au joyeux, il parcourt les styles, passant de l’école impressionniste française (Debussy, Ravel...) au jazz, du musette au groove.
Maintes fois récompensé pour la maîtrise de son instrument, une contrebasse à 5 cordes dont il arrive à tirer des sons proches du violon, le musicien a toujours su s’entourer. Pour ce projet, il est accompagné par deux complices ouverts à tous les styles : l'accordéoniste David Venitucci et le multi instrumentiste Stephan Caracci.
A l’instar des précédents titres, l’ensemble est très plaisant à écouter. On retrouve dans cette nouvelle invitation au voyage,la sensibilité et la poésie du musicien.

L'homme qui s'envola (Antoine Bello)

note: 5Duel psychologique Noëlle - 9 décembre 2017

Une entreprise florissante, une famille modèle, une vie sociale riche... Walker a tout. Il ne lui manque qu'une chose que sa fortune ne peut acheter : du temps. Il finit par détester sa vie au point de décider de disparaître. Avec minutie et sang-froid, il met en scène sa mort accidentelle pour se refaire une vie loin des obligations.
Shepherd, détective spécialisé dans les disparitions, est mandaté par une compagnie d'assurance afin d'établir que l'homme d'affaire a bien perdu la vie dans l'accident. Mais très vite, le traceur redoutable est convaincu du contraire. S'engage alors une course poursuite entre les 2 hommes à travers les Etats-Unis.
Au fil des récits successifs de Walker, de sa femme et de Shepherd, Antoine Bello, nous entraîne dans un thriller psychologique haletant où la liberté individuelle de l'un et l'honneur de l'autre sont en jeu.
Modernité, originalité, efficacité... des ingrédients récurrents chez l'auteur déjà récompensé plusieurs fois, notamment pour « Les Éclaireurs » second tome de la trilogie « Les Falsificateurs ».

Utopies réalistes (Rutger Bregman)

note: 5Tout progrès social est le fruit d'une idée folle Noëlle - 15 novembre 2017

Fortement documenté d'exemples historiques et étayé par une abondante quantité de références à des études et écrits, cet essai nous entraîne sur les traces de doux rêveurs (certains sont assez inattendus) à la recherche d'innovation sociale. Il ouvre des perspectives pour apporter des solutions aux questions actuelles de politique économique : inégalité, temps de travail, progrès technologique, finances, migrations.
A 29 ans, Rutger Bregman, historien et écrivain néerlandais, a déjà publié plusieurs ouvrages et a contribué à populariser la notion de revenu universel au Pays-Bas. Best-seller international, Utopies réalistes est traduit en 17 langues.
Succès bien mérité car l'ensemble est passionnant, percutant et stimulant. Non seulement il rappelle que de tout temps, le monde a évolué grâce aux idées, mais il invite également à s'interroger sur notre capacité et notre courage à bousculer nos convictions les plus ancrées. Une phrase de l'économiste Keynes citée dans le livre, résume tout à fait le propos de l'auteur : « La difficulté ne réside pas tant dans le fait de concevoir de nouvelles idées que d'échapper aux anciennes »

Retour Haut