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Critiques rédigées par Marie-Pierre

 

Mauvaises filles (Véronique Blanchard)

note: 4Incorrigibles et rebelles Marie-Pierre - 1 mars 2018

Comme souvent avec les éditions Textuel, c'est d'abord un livre que l'on feuillette. On y découvre une iconographie foisonnante : photos, dessins, extraits de journaux, rapports de police, avis d'internement psychiatrique...).
C'est à travers cette riche documentation que se dessinent 20 portraits de femmes qui, sur 150 ans ans, ont représenté l'image de la déviance féminine.
Fugueuses, vagabondes, mères célibataires, ou encore délinquantes, toutes se sont heurtées aux poids des normes sociales, juridiques, religieuses, familiales et ont connu les différents dispositifs d'enfermement et de coercition (internats, couvents, prisons, asiles).
Alors déviantes ou dissidentes, rebelles ou actrices du changement social, culturel et politique ?

Les étoiles s'éteignent à l'aube (Richard Wagamese)

note: 4Le dernier voyage Marie-Pierre - 17 janvier 2018

Franklin Starlight, jeune indien Objiwé de 16 ans, est appelé au chevet de son père Eldon, détruit par des années d'alcoolisme et d'errance. Il y va à contre-coeur, poussé par le fermier qui l'a élevé dès son plus jeune âge dans l’honnêteté et la droiture. Ce père, quasi inconnu, lui demande de l'accompagner vers les montagnes environnantes et sublimes pour un ultime voyage et ainsi, mourir à la façon d’un guerrier Objiwé.
Ce sera l'occasion pour Franklin de faire connaissance avec ce père absent, honni autant que désiré. Au fil du périple, Eldon lui parlera de son histoire, de ses renoncements, de ses regrets et lui dévoilera le secret de sa naissance.
On ressort de cette lecture définitivement marqué par cette histoire sensible, simple et forte construite autour de questions universelles, telles que la paternité ou la transmission d'une culture ancestrale. Richard Wagamese, disparu en mars 2017, est le premier auteur amérindien à recevoir le prestigieux «Matt Cohen Award » pour sa contribution à la littérature canadienne.

Floride (Philippe Le Guay)

note: 4Le dernier rôle de Jean Rochefort Marie-Pierre - 23 décembre 2017

Après Alceste à Bicyclette ou Les femmes du 6ème étage, Philippe Le Guay s'inspire d'une pièce à succès de Florian Zeller, pour livrer un film délicat qui emprunte en apparence le chemin de la comédie légère. En fait le film aborde un sujet beaucoup plus grave.
Le père, joué magistralement par Jean Rochefort dans son dernier rôle, a la mémoire qui flanche, elle s'effiloche de jour en jour. Tantôt féroce ou sympathique, capricieux ou encore grivois, il mène la vie dure à son entourage. La fille, interprétée par Sandrine Kiberlain, gère tant bien que mal ce père aimé et admiré mais qu'elle voit échapper inexorablement.
La relation père-fille se déroule entre amour et désespoir, frise le pathétique et l'insupportable. Un film qu'on oublie pas...

Nous étions les Mulvaney (Joyce Carol Oates)

note: 5Lente désintégration d'une famille dans l'Amérique des années 70 Marie-Pierre - 21 novembre 2017

Une famille américaine heureuse, une joyeuse tribu animée par une mère fantasque et un père solide, entrepreneur bien intégré dans la société d'une ville moyenne de l'état de New-York. Les enfants, 3 garçons et une fille, tous différents, grandissent au sein d'une grande maison au milieu d'une nature accueillante et magnifique. Marianne, la fille, la belle, la pure, la populaire participe à son premier bal du lycée et c'est le drame.
A partir de ce moment, nous assistons, grâce à une narration fine et précise, à la lente désagrégation de ce clan qui n'arrive pas à nommer, à parler de l'Evènement. Et se dessine au fil des pages la toile des subtiles relations familiales, faites aussi bien de tendresse que d'exaspération, de rituels rassurants tout autant que de non-dits.
Avec ce beau roman paru en 1996, Joyce Carol Oates, écrivaine américaine majeure et prolifique, décortique la façon dont chaque membre se guérit (ou pas) de cette famille traumatisée et comment chacun d'entre eux trouve, pour finir, sa propre voie.

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