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Critiques rédigées par Karine

 

A voix haute (Stéphane De Freitas)

note: 5Eloge de la parole et de la jeunesse Karine - 2 mars 2018

Chaque année à l’Université de Saint-Denis se déroule le concours “Eloquentia”, qui vise à élire «le meilleur orateur du 93». Des étudiants de cette université issus de tout cursus, décident d’y participer et s’y préparent grâce à des professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène…) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public. Au fil des semaines, ils vont apprendre les ressorts subtils de la rhétorique, et vont s’affirmer, se révéler aux autres, et surtout à eux-mêmes.
De la préparation jusqu’au concours, on suit ces jeunes issus de divers horizons et qui veulent apprendre, chacun dans un but bien précis, à maîtriser leur parole. Cet outil que nous possédons tous mais qui peut devenir une véritable arme dès lors qu’on apprend à l’utiliser. Les formateurs sont exceptionnels et il faut beaucoup de courage à ces étudiants pour donner de la voix et se décomplexer. Ce film pudique, qui nous fait passer du rire aux larmes, est porteur d’énergie et d’espoir.

Americanah (Chimamanda Ngozi Adichie)

note: 5Le rêve américain Karine - 10 février 2018

Americanah suit l’histoire de deux jeunes Nigérians, Ifemelu et Obinze, qui se rencontrent au lycée et tombent amoureux. Au fil d’années mouvementées sur le plan politique, ils vont tenter de se frayer chacun leur chemin : Ifemelu va rejoindre sa tante aux États-Unis pour y continuer ses études, et Obinze connaîtra la dure réalité d’être un sans-papiers en Angleterre. Leurs vies vont progressivement s’éloigner, jusqu’à ce que le silence radio remplace la passion des premiers temps. Ifemelu devient une blogueuse renommée, Obinze rentre au Nigéria où la chance et la fortune lui sourient. Et puis Ifemelu décide de rentrer au Nigéria…
Americanah est le troisième roman de l’écrivaine nigériane. Ce titre renvoie à la façon dont les Nigérians appellent les expatriés qui reviennent des États-Unis.
Avec un humour caustique et un grand sens du détail, l'auteur décrit ce que cela signifie d’être noire dans l'Amérique de Barack Obama. A la fois histoire d’amour et critique sociale, ce roman dense et passionnant, magnifiquement écrit, analyse avec subtilité les relations raciales aux Etats-Unis mais aussi la question de l’identité.

Arctique (Vincent Munier)

note: 5Le Paradis blanc Karine - 10 janvier 2018

Le photographe aventurier nous présente ses plus belles images de l'Arctique, réalisées au cours des six dernières années, prises lors d'expéditions hivernales, souvent en solitaire et sans assistance. Pour nous offrir ces photographies, il a parcouru des centaines de kilomètres en tirant son traîneau dans des conditions extrêmes, sur le territoire du loup blanc : le "fantôme de la toundra", comme le surnomment les Inuits. Des côtes groenlandaises à la Sibérie jusqu'aux îles les plus septentrionales du Nunavut (Canada), nous sommes invités à découvrir un monde animal fascinant de beauté, où l'on croise ours et renards polaires, caribous, bœufs musqués et harfangs des neiges...
Vincent Munier met en lumière des espèces animales menacées. Ses clichés, réalisés dans des conditions de froid extrême et en basse lumière, sont époustouflants. Il parvient à donner du relief à des sujets blancs sur fond blanc, ce qui constitue une véritable prouesse technique. La douceur qui émane de ces photographies contraste fortement avec la rudesse de l'environnement dans lequel elles ont été prises. Un recueil d'images à couper le souffle !

Grace (Lizz Wright)

note: 5La grâce incarnée Karine - 1 décembre 2017

Ce disque offre un aperçu du réseau d'histoires et de chansons, dont les racines profondément ancrées et intimement entrelacées, relient entre elles les traditions très diverses qui constituent l'âme du Sud profond des États-Unis. Au gré de compositions et de reprises (Allen Toussaint, Ray Charles, Nina Simone, Bob Dylan entre autres...) oscillant entre gospel, blues et folk, Lizz Wright opére ici un retour aux sources pour offrir un hommage sublime à son Sud natal, et plus particulièrement la Géorgie. Cet album, le sixième de la chanteuse, bénéficie d'une production soignée du musicien et compositeur Joe Henry. Dotée d'une voix chaude et d'un timbre profond, Lizz Wright transforme et habite littéralement ces chansons aux ambiances diverses mais à l'héritage commun. C'est une artiste que l'on ne peut s'empêcher de suivre et dont on guette chaque nouvel opus dès lors qu'on l'a découverte.

Moonlight (Barry Jenkins)

note: 5Oscar 2017 du meilleur film Karine - 17 novembre 2017

A Miami, dans les années 1980, Chiron tente de grandir, entre les coups qu'il reçoit à l'école et sa mère, qui s'enfonce peu à peu dans la drogue. Le jeune homme est en train de découvrir qu'il est homosexuel et a du mal à l'assumer. Seul son ami Kevin parvient à lire dans l'esprit de Chiron comme dans un livre. Alors que sa mère l'abandonne à cause de son addiction au crack, Chiron se trouve des parents de substitution avec Teresa et Juan, un dealer. Le couple l'encourage à accepter son identité, sans se conformer aux conventions de la masculinité et de la sexualité.
Moonlight est le premier Oscar du meilleur film dont le héros est gay et dont le casting est entièrement afro-américain. La grande délicatesse avec laquelle Barry Jenkins met en scène la violence sociale fait toute l'originalité de ce film. On ne s'attend pas, en effet, à autant de douceur et de poésie dans un milieu habituellement viril et agressif.
Moonlight est un film à la fois âpre et émouvant, à l'esthétique très soignée.

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